La Reine Esther - honneur à une femme d'exception !

Adar - c'est le mois par excellence de la joie et comme tous les débuts de mois,  les femmes sont à l'honneur à Tov Alliance. Et puisque c'est bientôt Pourim (cette année le jeûne d’Esther tombe le 28 février et Pourim se fête le 1 mars), nous allons faire connaissance avec une héroïne extraordinaire de l'histoire biblique, qui n'est autre que la Reine Esther.

Mesdames et Mesdemoiselles, si ce n'est déjà fait, n'oubliez pas d’allumer les bougies ou veilleuses à l'huile d'olive en l'honneur de Roch Hodech Adar (2 jours ce mois-ci)  Je vous invite maintenant à découvrir cette tsadekette d'exception. Que le ciel écoute et exauce toutes vos prières pour le bien. 


Hodech tov oumévorah a tous et à toutes! 

Rebecca Teboul 
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D'après la Méguila d'Esther (Livre d'Esther) que nous allons bientot lire, Esther est originaire de Judée et s'appelle en réalité Hadassah, ce qui signifie « myrte » en hébreu. "Tant par sa forme que par sa couleur, Hadas, le myrte, est le symbole de l’harmonie et possède un parfum doux.'' Il est de couleur verte et sa taille, moyenne, apparaît harmonieuse au regard humain. L’odorat étant considéré comme le sens le plus raffiné de l’homme (il est le seul où le vice et la grossièreté prennent peu de place), le myrte est symbole de la finesse humaine. La couleur verte est celle de la nature ; elle est la plus reposante et la plus harmonieuse. D’ailleurs, elle est la couleur centrale du spectre solaire. Donc, tant par sa forme que par sa couleur, cette plante est le symbole de l’harmonie. Cela rappelle le verset (chap. 2, vers. 15) disant qu’Esther trouvait grâce auprès de tous ceux qui la voyaient. Nos Sages précisent qu’Esther ne révélant pas son identité, chacun avait le sentiment qu’elle faisait partie de son peuple.


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Quand elle entre au Palais royal, elle reçoit le nom d'« Esther », qui est une façon de désigner la myrte, que la forme de sa fleur est en « étoile ». Esther était en effet aussi belle que « l'étoile de la nuit », appelée astara par les Grecs. Nos Sages accordent d’ailleurs un sens symbolique au nom d’Esther (Meguila 13) : il vient de sétèr, caché. Esther cachait son origine juive comme Mardochée le lui avait conseillé. De plus, l'influence divine n'est jamais absente au cours des événements, mais précisément cachée, tout comme il n'est jamais fait explicitement mention de D.ieu.

Esther est la fille d'Abigaïl de la tribu de Benjamin, une des deux tribus qui constituerent le Royaume de Juda avant sa destruction par les Babyloniens et les déportations de l'élite du royaume vers les provinces de l'empire perse. Au début du récit, elle habite avec son oncle Mardochée qui occupe la fonction administrateur au palais du roi perse à Chouchan. Ayant entendu que le roi Assuérus cherche une nouvelle épouse, Mardochée fait participer Esther aux « sélections ». Esther est choisie et devient l'épouse d'Assuérus.

Quand le ministre Haman décide d'exterminer tous les Juifs du royaume, Esther est ainsi au premier rang pour demander au roi d'annuler le décret de son ministre. Après un jeûne de trois jours, elle se présente au roi pour lui demander la faveur d'accepter son invitation à dîner dans sa suite avec Haman. Elle les réinvite puis, à l'issue du second dîner, informe le roi qu'elle est juive et que ce racha d'Haman a décrété l'élimination des Juifs du royaume. Elle obtient du roi le droit pour les Juifs de se défendre le jour où ils sont attaqués et, selon certains écrits, le roi, dans un souci de justice, va jusqu'à faire exécuter son premier ministre pour avoir failli causer un grand tort à des habitants de son empire.

Esther, la voilée - représentante de son peuple

Esther était réservée et discrète ; cela nous montre qu’elle avait une vie intérieure intense. L’exubérance est en effet le signe d’un manque de sentiments vécus et réels : "Les tonneaux vides sonnent creux." D’autre part, elle n’avait aucun trait particulier qui la séparait des autres. Elle avait une personnalité qui la rendait accessible à toutes les mentalités et à toutes les races. Sa judaïcité, tout en la rendant différente, lui donnait également la possibilité de communiquer avec tout le monde.

Esther apparaît comme une femme d'une grande piété, caractérisée par sa foi, son courage, et son patriotisme. Elle est fidèle et obéissante vis-à-vis de son oncle Mardochée et anxieuse face à son devoir de représenter le peuple juif et d'obtenir du roi leur salut. Dans la tradition juive, elle est vue comme un instrument de la volonté de D.ieu pour empêcher la destruction du peuple juif, les protéger et leur assurer la paix pendant leur exil à Babylone.

Par sa personne et son comportement, Esther est aussi une riposte aux attaques contre le peuple juif. Isolée pendant des années de ses coreligionnaires, elle leur reste pourtant profondément attachée. Nos Sages nous rappellent qu’elle observait la Torah en cachette.

Revenons sur un trait marquant d’Esther - la discrétion et la retenue. Cela ressort surtout du fait qu’elle a résidé pendant plus de cinq ans dans le palais royal sans dévoiler son identité. C’est du reste grâce à cette qualité qu’elle put attendre le moment propice pour faire connaître sa requête au roi, ce qui sauva son peuple. Sa sobriété apparaît également dans le fait que, contrairement aux autres jeunes filles, elle ne voulut se parer d’aucun atout en présence du roi. Et, comble du paradoxe, ce roi qui, comme nous le voyons au début du livre, cherche le grand faste, poussant la grossièreté jusqu’à vouloir faire de sa femme une reine de beauté, s’éprend de cette jeune fille dont la qualité prédominante est la réserve.

C’est bien la preuve qu’on se lasse plutôt vite du plaisir exubérant et que les relations humaines profondes se trouvent chez les gens stables et sobres. Du reste, on voit qu’Esther influença par sa personnalité toute la marche des choses dans le palais ; lors du banquet offert en l’honneur de leur alliance il n’est plus question de grand faste. Le texte relate seulement qu’à cette occasion, il y eut allégement d’impôts et le roi distribua des cadeaux (chap. 2, vers. 18).

Les motifs d'Esther

Ce qui frappe dans le plan d’Esther est sa décision d’inviter le roi et Haman ensemble à un festin. Nous pouvons aisément comprendre qu’Esther ait voulu présenter sa requête au cours d’un banquet : elle avait alors plus de chances de trouver le roi bien disposé à son égard. Néanmoins, cela n’explique pas pourquoi elle tenait à ce qu’Haman assiste à ce repas intime. D’ailleurs, si son idée se limitait à ce que nous venons d’écrire, quel serait le sens du premier festin au cours duquel elle ne formula aucune demande ?


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Nos Sages ont trouvé plusieurs raisons à cette tactique. Le Talmud (Meguila 15) rapporte à ce sujet l’opinion de nombreux érudits. A la fin de la discussion, l’un d’entre eux eut une révélation selon laquelle Esther avait en effet agi pour tous les motifs qu’ils avaient évoqués. Les voici : Elle voulait lui tendre un piège ; comme le verset (Psaumes chap. 69, vers. 23) l’affirme : "Leur table leur sera un piège". C’est-à-dire qu’elle voulait le mettre dans un état d’esprit d’allégresse afin de démobiliser ses forces et le rendre plus vulnérable. Ce stratagème lui réussit d’ailleurs fort bien : en sortant de ce festin, Haman fit une grande bêtise...

C’était pour accomplir le verset (Proverbes chap. 16, vers. 18) : "L’orgueil précède la ruine, l’arrogance est le signe avant-coureur de la chute." Ce motif ressemble donc au premier. Elle voulait réaliser ce qui est écrit (Ib. chap. 25, vers. 21-22) : "Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire..." Une bonne méthode pour éliminer un ennemi est, en effet, de se montrer bon envers lui. Malgré lui, il ne sera plus capable d’une telle animosité. Afin de pouvoir l’attaquer directement en présence du roi. Pour qu’il ne trouve pas le temps de se révolter contre le souverain. Ainsi, jusqu’à la dernière minute, on ne se douterait pas que la reine était juive et on ne tramerait rien contre elle.

Afin de faire croire aux Juifs qu’elle était du côté d’Haman, de façon qu’ils ne se fient pas à elle, redoublent de précautions et multiplient leurs prières. Pour vivre de tout son être l’absurdité et le scandale de la situation (Haman, le criminel, reçoit les plus grands honneurs !) et ainsi pouvoir agir avec plus de conviction et implorer D.ieu avec plus de véhémence. Faire croire au roi qu’elle entretenait des relations avec Haman et, au risque de sa propre personne, le faire éliminer. Pour susciter la jalousie du roi et des courtisans contre Haman et sachant qu’Assuérus était versatile, elle voulait qu’il décide rapidement sans qu’il ait la possibilité de se rétracter.

L’appel à la Providence

Reste à savoir pourquoi elle ne présenta pas sa requête lors du premier festin. Nous ne citerons qu’un commentaire à ce sujet : malgré tous ses calculs et préparatifs, Esther savait qu’en fin de compte, elle ne réussirait que si elle avait "de la chance", ou plus exactement si D.ieu lui venait en aide. Aussi cherchait-elle un indice, un signe par lequel elle verrait que ses espérances se réaliseraient. Or, elle ne voyait rien. C’est pour cela qu’elle décida d’ajourner sa requête. Nous savons du reste que ce jour d’attente fut marqué par plusieurs événements indépendants de la volonté de quiconque.

La victoire des Juifs sur leurs ennemis est fêtée dans de grandes réjouissances lors de la fête de Pourim, au cours de laquelle tous les Juifs ont l'obligation d'écouter la lecture du Livre d'Esther. Puisse toutes les femmes juives dans le monde lui ressembler.

Source - La Méguila d'Esther, Rabbin Ringer 


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