Témoignage exceptionnel: La tsédaka de Roch Hachana et le miracle du 11 septembre


Aujourd'hui 11 septembre,*marque le triste anniversaire des attentats terroristes les plus meurtriers de l'histoire des États-Unis. Le témoignage qui va suivre est une exclusivité
 Tov Alliance. S'il y a une date que je n'oublierai jamais, c'est bien celle-ci. Allez hop, c'est parti! 

Une étrange intuition 

Quand je me remémore ce triste anniversaire, j'ai toujours cette sensation étrange dans l'estomac; ça me prend les tripes ! Le mardi 4 septembre 2001, une semaine avant cette terrible tragédie, je me suis rendu avec un ami, dans une agence de voyage du quartier de l'Opéra à Paris. Celui-ci (par souci de discrétion, je préfère ne pas mentionner son nom), avait prévu un important voyage d'affaires aux Etats-Unis, d'abord via Boston, pour ensuite se terminer à Montréal.

Son rendez-vous devait avoir lieu à l'aéroport tôt dans la matinée, pour éviter de perdre du temps, puis faire ensuite une escale de 4-5 heures à New York, où il devait enchaîner d'autres rendez-vous. Comme Montréal est à une heure de vol de New York, il m'a gentiment invité à l'accompagner pour y passer les fêtes de Tichri. Cette année-là, Roch Hachana tomba le 17 septembre, si bien que nous avons eu le temps de tout organiser pour notre départ.
Le directeur de l'agence, qui s'est avéré être un ami, nous a proposé, après quelques minutes de recherche, le vol American Airlines au départ de Paris - le 10 septembre à 17h, avec une escale à Boston, arrivée à 6h15 du matin - heure locale le 11 septembre; suivi du vol  American Airlines au départ de Boston, en direction de New York à 8h15 du matin. Quel périple !


Est-ce un des avions qui a percuté une des tours jumelles, du World Trade Center, je ne saurais le dire. Juste à y penser, j'ai mal au ventre et j'en tremble encore. Le départ pour Montréal était prévu vers 16h, on avait le temps de faire du shopping à Manhattan. Étant donné que l'aéroport JFK n'était pas la porte à coté et qu'il y avait de l'embouteillage à New York à l'heure de pointe, ça semblait un peu compromis. 

Mon malaise était palpable, je ressentais un drôle de pressentiment que je ne pouvais expliquer et puis, entre nous, je déteste les escales! Mais bon, passons! Ce 4 sept 2001 restera à jamais gravé dans ma mémoire. Gérard, le directeur de l'agence** m'a regardé; j'étais blême et mon estomac se tordait à l'intérieur de moi.

Pour ceux qui me connaissent bien, j'ai toujours la même réaction quand j'ai un sale pressentiment. ''Qu'as-tu Rebecca ? Tu es livide. Veux-tu un verre d'eau ?" Je lui répondit - ''Non merci Gérard, désolée je ne ressens pas du tout ce voyage". 

Mon corps entier tremblait, j'avais des sueurs froides et je ne comprenais pas vraiment ce qu'il m'arrivait. Avec le recul, j'avais compris que ma néchama me prévenait d'un grave danger; cette petite voix qui me guide depuis ma plus tendre enfance. A vrai dire, j'avais qu'une envie, c'était de rentrer chez moi et me cacher sous la couette pour oublier ce que j'avais ressenti. 

L'ami qui m'accompagnait m'a dit - "Rebecca, je dois voyager, je n'ai pas le choix. Ces rendez-vous sont extrêmement importants". Je l'ai regardé et lui dit,  "Ben écoute, moi j'ai le choix ! Vas-y sans moi. Si tu veux prendre l'avion le 11 septembre avec plaisir.  Il était hors de question de voyager le 11 septembre. Une discussion houleuse s'ensuivit, le tout sous le regard médusé du directeur de l'agence. Après 15 longues minutes interminables, j'ai gagné gain de cause.

Mon ami s'est enfin résigné et on a décidé de voyager le lendemain, le 12 septembre. Mais je n'étais quand même pas convaincue. J'ai regardé Gerard et mon ami et leur ai dit - "Vous verrez, nous ne voyagerons pas, mais pas du tout !" Au final, mon ami a pris les deux billets pour le 12 septembre, mais au fond de moi, j'avais toujours ce mauvais pressentiment. C'était un sentiment horrible. 

Le jour fatidique

Ce 11 septembre 2001, je me trouvais dans le quartier du Marais à coté du Centre Beaubourg à Paris. Je venais tout juste de terminer un rendez-vous et en sortant de l'immeuble, j'ai constaté une scène étrange qui se déroulait sous mes yeux. Je me rappelle avoir vu l'heure à ma montre, il était aux alentours de 17 heures. J'ai vu des gens crier dans la rue, certains hurler et d'autres pleurer au téléphone. C'était hallucinant! On avait le sentiment de vivre la fin du monde, has vé shalom !  

Je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Je me rappelle m'être approché d'une dame, son accent américain était facilement reconnaissable et lui demanda, '' I'm sorry to bother you, what's going on please ?  Excusez-moi de vous déranger, que se passe-t-il svp ? '' Et là, j'entends abasourdi, ''It's the World Trade Center, a plane just crushed in one of the  Twin Towers"... ("c'est le World Trade Center, un avion qui vient de percuter une des tours jumelles..."). 

Cette pauvre femme ne cessait de crier. Sur le coup, j'avoue que j'avais du mal à saisir l'ampleur de la catastrophe. Je ne comprenais toujours pas, ce qu'elle disait, c'était à peine audible. J'ai décidé de rentrer chez moi rapidement et à peine ai-je mis la clé à la porte, le téléphone sonna. J'ai décroché, c'était ma mère en pleure - "Ça va ima ?" 

"Ma fille, je croyais que tu étais déjà dans l'avion " ... Je ne lui avais pas dit qu'on avait changé la date du billet.

"Maman, je ne comprend pas, arrête de pleurer, tout va bien. Quel avion ?" 

"Merci mon D.ieu, ma fille est en vie.." Et elle continuait de pleurer et me dit - "Allume la télé stp"... Et là, je constate l'horreur ! Je croyais que j'allais m'évanouir. Du coup, toutes les deux on s'est mise à pleurer au téléphone. En une fraction de seconde, j'avais tout compris. Un des avions qui s'est écrasé dans l'une des tours, était le même avion que j'ai failli prendre avec mon ami, celui de l'escale de New York. Juste à y penser, j'en tremble encore. *La suite on l'a connaît malheureusement. 

Bien entendu, le 12 septembre nous n'avons pas pu voyager comme je l'avais pressenti car tous les aéroports du monde ont été fermés par mesure de sécurité. 


À 20h, j'étais à mon domicile, quand mon ami a sonné à la porte, en état de choc, et m'a dit en tremblant - "Rebecca, je te dois des excuses. Je suis confus ! Qu'Hachem te bénisse, ton intuition nous a sauvé la vie," et puis il a ajouté la gorge serrée, "Je ne sais pas, si tu t'en rends compte, mais nous venons de vivre un grand miracle.''

"Et oui, c'est incroyable non? Une fois de plus, mon intuition ne m'a pas trompé. Sache que c'est Hachem qui nous a sauvé la vie, pas moi! C'est Lui que tu dois remercier."

Je vais vous confier un petit secret que je n'ai jamais révélé à personne. Cette année-là, Roch Hachana tomba le 17 septembre 2001 (comme mentionné plus haut) et nous étions à deux semaines des préparatifs des fêtes de Tichri. Comme chaque année, j'organisais au sein de l'association, la distribution des colis des fêtes pour les plus démunis. Avant d'aller à l'agence de voyage, j'avais décidé de subvenir, plutôt que prévu, au besoin de mes centaines de familles, avec le concours de mes bénévoles. 

Voilà mes amis, si Hachem ne n'avait pas donné ce grand mérite, je ne serais pas là aujourd'hui à vous raconter mon histoire incroyable. Comme je l'ai toujours dit, la plus grande mitsva est celle qui est accomplit dans le silence et je me permets d'ajouter ceci- la tsédaka sauve vraiment de la mort. Merci Hachem ! 

Pour terminer sur une note plus joyeuse, nous nous sommes finalement rendus à Montréal le 20 septembre, jour du jeûne de Guedalia. Et la cerise sur le gâteau; nos billets ont été gracieusement offerts par la compagnie. Nous avons voyagé en 1ère classe avec Air Canada, ma compagnie préférée car j'avais un peu rouspété au comptoir de l'aéroport...(éclats de rire) Mais ça, c'est une autre histoire.   

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*Pour rappel - Le matin du 11 Septembre 2001, quatre avions de ligne sont détournés par des islamistes. Deux avions sont projetés sur les tours jumelles du World Trade Center à Manhattan, un troisième sur le Pentagone à Washington, tuant toutes les personnes à bord et de nombreuses autres travaillant dans ces immeubles et le quatrième avion, qui vole en direction de la capitale fédérale, s'écrase en rase campagne à Shanksville, en Pennsylvanie, après que des passagers et membres d'équipage, prévenus par téléphone de ce qui se passe alors ailleurs, tentent en vain d'en reprendre le contrôle. Le bilan officiel est terrible, 2 977 morts et 6 291 blessés. Que leurs âmes reposent en paix. Amen

**le nom a été changé

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